Apprendre à s’aimer, un thème qui me tient à cœur, car souvent évoqué en accompagnement. Comment chaque jour, chaque petit geste va pouvoir te transporter vers un amour sincère pour toi ? Faire de ta journée ton allié pour cheminer vers un mieux être.
Souvent une confusion est faite entre l’amour de soi et la notion d’égoïsme, de performance et de développement personnel à outrance. “S’aimer”, l’amour de soi, est un fantasme, un scénario imaginaire. En cabinet, mes clients arrivent souvent en séance en me disant “je ne m’aime pas car je n’ai pas été aimé”. C’est alors qu’ils vivent cela comme un symptôme. Ils espèrent en la thérapie pour un jour, on ne sait pas quand, s’aimer un peu plus qu’aujourd’hui.
Bien souvent la question se déplace suite à quelques séances. La personne réalise que cette obsession de l’amour de soi la détourne de son véritable désir. Le désir, cette notion de cultiver son énergie, sa vitalité, son dynamisme. Le désir de soi n’est pas inné, il s’apprend, il se construit, se reconstruit. Au fil des jours, par de petits gestes, le désir d’invite dans votre vie.
La question n’est pas pas “Est-ce que je m’aime?” mais plus “Qu’est-ce qui me met en mouvement, en position d’agir?”. Ce n’est pas parce qu’on s’aime en image, que l’on agit mieux ! L’amour de soi est, en effet, du désir, qui permet d’opérer un déplacement de l’image de soi vers l’action : faire, rater, recommencer… va produire un “certain” contentement de soi. L’amour de soi c’est également la capacité à transformer ce qui nous fait souffrir jusqu’à en faire une jouissance pour ne plus en subir les conséquences néfastes.
A tout âge, l’amour de soi peut se construire ou se reconstruire. C’est au final relancer le désir dans le présent au lieu de tenter de réparer le passé. Cet apprentissage passe par des micro gestes, des changements infimes qui vont ensuite remettre la vie en circulation.
Une cliente lors d’une séance en cabinet, me disait comment combattre son anxiété permanente. Elle cherchait à la dompter pour éviter qu’elle ne lui gâche sa vie et celle de ses proches. Elle faisait tant d’efforts ! Avec mon approche thérapeutique, elle a appris à repérer quand l’anxiété apparaissait, à estimer son intensité, à mettre en œuvre des techniques pour la diminuer. Finalement, en lui ouvrant les bras, ma cliente a pu se réconcilier avec elle-même.

Cette réconciliation passe avant tout par une acceptation de sa singularité. Accepter que l’on soit tous différent, que chacun fonctionne à sa manière. Certains sont plus sensibles, plus intuitifs, ou au contraire moins extravertis, plus intenses. Tant qu’on essaie de se faire entrer soi-même dans une case, on amplifie le mal-être. La thérapie devient l’occasion d’accueillir ses différences sans chercher à se conformer à un modèle.
S’aimer c’est se donner la permission de ressentir. En effet, dans la société actuelle, l’être humain est en général très occupé. Où est passé le temps “sans courant” ? Cela peut paraître absurde ou dérisoire, mais pose toi la question “quand est ce que tu ne lis pas, tu ne regardes pas ou tu n’écoutes rien via un écran ?”. On banalise la surconsommation. Un podcast en marchant, des reels aux toilettes, de la musique en cuisinant, une série pendant le repas. OK, il n’y a pas une seconde de silence pour l’esprit. Tout est comblé ! Alors se donner le droit, la permission de ressentir simplement peut paraître étrange.
En cabinet, notamment lors de séances d’hypnose, j’invite l’esprit et le corps à se déposer en conscience, pour aller chercher, trouver, une paix, une harmonie intérieure. S’aimer, c’est se traiter avec la même considération, avec la même délicatesse, la même attention et la même curiosité que tu le ferais avec un enfant ou une personne que tu aimes. Offres-toi des petits cadeaux, amènes toi en balade pour explorer la nature ou une exposition, masses les zones douloureuses de ton corps… En t’offrant ces soins et de la chaleur, tu développes une relation apaisée avec toi-même.
La société a diabolisé le “narcissisme” et tout ce qui touche à l’ego, alors que c’est essentiel pour la santé mentale. Ce sont les excès qui sont à éviter, et les dérives. Mais un Moi bien défini, suffisamment fort et adaptable, est nécessaire pour se débrouiller dans la vie. Sauf qu’il y a tant d’obstacles qui nous retiennent dans cet élan naturel. Education peu valorisante, attachements insécures, blessures ou failles narcissiques…
Il y a aussi, de façon collective, le poids de l’héritage judéo-chrétien culpabilisant. “Ne te regarde pas, ne t’écoute pas, tu peux mieux faire. Ne te mets pas trop en valeur, tu dois être humble…” Nous sommes tous conditionnés par ces phrases moralisatrices. Et l’on n’ose pas prendre soin de soi, penser à soi, s’écouter. Comme s’il était honteux, tabou, d’être doux, tendre, enveloppant envers soi-même : de s’aimer.
Le regard de l’autre est devenu plus important que le regard sur soi. En effet, ce sujet est très souvent évoqué au cabinet. Chaque jour, je constate que beaucoup de personnes que j’accompagne accordent plus d’intérêt aux regards que leur portent les autres que leur propre regard. Comme si c’était préférable de plaire aux autres, à l’autre avant de se plaire à soi-même. Pour mettre en lumière ce constat, l’authenticité, l’honnêteté avec soi-même est essentielle. Entraînes-toi à te montrer authentique au quotidien : ne dis pas “oui”, lorsque tu penses “non”, ne prétends pas aller bien si ce n’est pas le cas, ne ris pas pour faire plaisir, oses exprimer tes véritables envies ou idées même si elles ne correspondent pas tout à fait à ce que les autres attendent.
L’amour de soi pour entretenir son désir
Comment le manque d’amour de soi impacte le désir, le plaisir, la capacité à habiter, à ressentir son corps et le respecter ? Le fait de s’aimer, de se sentir bien dans son corps, de réussir à ressentir ce qui se passe à l’intérieur de toi va stimuler et entretenir le désir. Le désir que tu as pour toi, et le désir que tu peux avoir pour ton ou tes partenaires dépend de l’amour que tu te portes. Lorsque tu es en paix avec toi-même, tu peux observer comment ta sensualité se révèle, se réveille.
Se ressentir soi
C’est alors que tu peux prendre pleinement plaisir à ressentir ce qui se passe dans ton corps. On ne peut pas parler d’amour de soi sans parler du corps.Car c’est à travers le corps que l’on ressent. Que l’on désire. Que l’on vibre. Que l’on s’ouvre. Et pourtant, beaucoup de personnes entretiennent avec leur corps une relation faite de distance, de critique, de contrôle ou d’indifférence. Ce contrôle, cette maîtrise, je peux le constater au cabinet notamment par rapport à la respiration des personnes que j’accompagne. Les séances d’hypnose et de PNL vont alors apporter de la légèreté à cette volonté de maîtrise constante.
Retrouver une sexualité incarnée, connectée, sensible et vivante.
Quand l’amour de soi se renforce, le corps se détend, le plaisir circule davantage, la présence s’approfondit, la connexion à l’autre devient plus authentique. La sexualité cesse d’être un lieu de validation. Elle devient un espace de rencontre. Et peut-être que s’aimer, finalement, c’est cela : se sentir suffisamment en sécurité en soi pour se laisser traverser par le vivant.
On ne décide pas un matin de s’aimer ou non ! Ce n’est ni une décision mentale, ni une formule magique. C’est une pratique. Un engagement intime, quotidien, parfois discret.Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un d’autre. Il s’agit de revenir à soi. Et je peux t’assurer que le jour ou tu découvres ton véritable TOI, tu le sens, tu le ressens, tout est aligné.
A travers la thérapie tu pourras aller guérir des blessures qui ne guérissent pas seules. Entamer une thérapie est un réel acte d’amour envers toi-même. C’est aussi choisir un endroit sécurisant pour te reconstruire.
Apprendre à s’aimer c’est n’est pas un luxe, ce n’est pas une option, c’est la base !
Crédit Photo Noella Barras