En couple depuis 19 ans, j’ai rencontré mon mari en avril. Certains diront que c’est long, d’autres pas assez. Peu importe. Avec ce que j’entends chaque jour au quotidien, j’avais envie d’écrire sur ce sujet… Faut-il se comprendre pour s’aimer ? L’espace du couple est un endroit où la rencontre entre deux êtres se fait encore et encore. La compréhension a- t-elle sa place ? et surtout que met-on derrière le mot compréhension ?
A la naissance du couple, on s’entend dire “toi seul(e) tu peux me comprendre”. Puis plus ou moins tôt, vient le “je ne te comprends plus”. Avec ça viennent les sentiments de doute, “suis-je fait pour ce partenaire ?” “est-ce que je l’aime toujours, il me semble étranger? “. Au début de la relation, c’est l’énamourement, c’est l’évidence. Chacun à trouvé sa moitié, son âme sœur, c’est la fusion. Cela ne dure pas. Et si vous continuez de penser que l’amour, le véritable, est possible seulement dans la connaissance ultime de l’autre, vous pouvez dire “adieu” à votre belle histoire.
Passé les débuts de la relation, il va nous falloir construire une relation avec quelqu’un qui n’est pas nous. Ne pas le faire condamnerait d’ailleurs une rencontre sans curiosité et indifférence. En effet, comprendre l’autre est essentiel dans la relation, ce n’est ni une dissection psychologique (vous n’êtes pas son psy), ni une illusion sentimentale (vous n’êtes pas sa mère). La curiosité est une manière de reconnaître l’autre dans son étrangeté, dans ses zones d’ombre.
Partir à la découverte de sa façon d’être au monde. En couple, comprendre l’autre, ce n’est pas toujours utiliser le même langage. il est alors important de lui demander de nous la traduire. C’est dire “Je ne sais pas ce que tu vis, mais j’ai envie de comprendre comment tu le vis”. Garder cette curiosité de l’autre est intéressant dans la construction du couple. Regarder l’autre comme si l’on ne le connaissait pas tout à fait. Regarder l’autre comme s’il pouvait nous surprendre chaque jour. Selon Esther Perel, psychothérapie de couple, dans l’Intelligence érotique, la notion de curiosité érotique est à explorer. “Ce regard qui pense l’autre comme un être en devenir, et non comme un acquis”. Les couples qui durent sont “explorateurs” l’un de l’autre.
La compréhension est mouvement. C’est la capacité à poser un regard vivant sur l’autre. En insérant du vivant le désir permet de circule ou la routine voudrait s’installer. La curiosité n’est pas dupe, elle sait reconnaître les failles, les ombres, les agacements. Pour autant elle donne du souffle. Le travail en thérapie de couple se résume souvent à cette comparaison entre ce que j’imagine de ce que j’ai compris de l’autre de ce qu’il est vraiment. Souvent, ce qui fait souffrir le couple, c’est de confondre ce que l’autre fait et ce que cela suscite chez nous.
On apprend à lire l’autre comme un livre avec ses ratures, ses pages déchirées, ses mots manquants. Cette métaphore est inspirée de Paul Ricoeur, philosophe qui rappelait que nos vies sont des récits que nous écrivons sans cesse. “Comprendre quelqu’un, c’est comprendre le récit que cette personne a fait d’elle-même”.
C’est accepter que l’autre se transforme, que ses motivations évoluent, que ses certitudes se fissurent, que le livre soit en cours permanent d’écriture. On ne comprend pas quelqu’un une fois pour toute. On le comprend avec ses mouvements, dans ses zones d’ombres, de tensions, d’incohérences. Je trouve cela triste lorsque dans un couple, l’un des deux peut dire : “ je te connais par coeur”. Nous possédons chacun assez de zones opaques pour que l’autre ait envie de les démasquer. L’authenticité et la singularité de l’autre devrait entretenir en nous une attention renouvelée. Le couple n’est pas un espace de vérité mais un espace ou deux mystères se rencontrent encore et encore.
Aimer, c’est finalement accepter que l’autre reste en partie inconnu et choisir malgré tout d’aller vers lui. Comprendre l’autre n’est pas un acte acquis, c’est un geste renouvelé. C’est une intention, c’est un manière d’être au monde à deux. C’est garder la curiosité vivante et ce regard qui s’émerveille autant qu’il observe, qui voit les failles et les respecte. C’est peut-être cela le cœur du lien : non pas comprendre pour aimer, mais accepter, parfois, d’aimer ne pas comprendre.
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